Je remonte les couvertures et dépose un bisou sur sa joue.
- Bonne nuit mon Petitange, je t'aime.
- Maman, moi je t'aime jusqu'àu ciel !
- Petitange, moi je t'aime... jusqu'au soleil.
- Maman, moi je t'aime... heu... jusqu'à Neptune.
- Petitange, moi je t'aime... heu... jusqu'à Pluton.
- Mais non Mamaaaaannnn !! Je t'ai déjà dit que Pluton c'était pas une planète !!
Petitange, même pas cinq ans...
mardi 29 avril 2014
mercredi 23 avril 2014
Psy 2
Je vais voir toutes les semaines mon psy pour me vider la tête, en anglais. Comme si je ne pouvais rien faire comme tout le monde... La maison rouge, sa tasse de thé, le rouleau de sopalin qui termine sur mes genoux. Enfoncée dans un fauteuil je vide mes émotions.
Je parle de ma colère, ma tristesse, ma culpabilité. Surtout de ma colère. Elle semble grossir au fur et à mesure que je la remue.
Je sors vidée. Le lendemain ma colère est là, encore plus puissante. Je deviens irritable, le moindre détail et elle ressort. Au travail, au volant, au supermarché... J'essaye d'être patiente avec Petitange qui n'y est pour rien. Le protéger, surtout... Respirer, se calmer, je déroule mon tapis de yoga et je fais le vide. Ensuite, la colère reprend.
Mon psy me dit que c'est bien, que j'avance. Je ne sais pas.
Negrito m'appelle régulièrement, toujours au sujet de Petitange, cherchant toujours à savoir ce que je fais, avec qui, comment et pourquoi. J'ai envie de répondre qu'il n'est plus question que je partage ma vie avec lui. Mais je ne dis rien, je reste vague, polie, distante, pendant que ma colère hurle dans ma tête. Il va retourner vivre quelques mois chez ses parents. Sa mère est contente. C'est pathétique.
Une amie commune m'a expliqué ce qu'il avait fait en Allemagne, m'a parlé de sa nouvelle copine allemande. Blonde, 21 ans. Je lui souhaite bien du courage. Il a même rencontré ses parents en Allemagne, qui l'ont trouvé charmant. J'ai la haine.
En attendant (Dieu sait quoi) j'ai pris mes billets, je pars trois semaines en France avec Petitange fin mai. Paris, la Bretagne, et un petit séjour en Espagne. J'ai besoin de prendre l'air. Surtout l'air français, pour savoir si je veux vraiment rentrer vivre en France. Cela fait dix ans que je suis au Chili, je ne connais plus rien à la France.
Je parle de ma colère, ma tristesse, ma culpabilité. Surtout de ma colère. Elle semble grossir au fur et à mesure que je la remue.
Je sors vidée. Le lendemain ma colère est là, encore plus puissante. Je deviens irritable, le moindre détail et elle ressort. Au travail, au volant, au supermarché... J'essaye d'être patiente avec Petitange qui n'y est pour rien. Le protéger, surtout... Respirer, se calmer, je déroule mon tapis de yoga et je fais le vide. Ensuite, la colère reprend.
Mon psy me dit que c'est bien, que j'avance. Je ne sais pas.
Negrito m'appelle régulièrement, toujours au sujet de Petitange, cherchant toujours à savoir ce que je fais, avec qui, comment et pourquoi. J'ai envie de répondre qu'il n'est plus question que je partage ma vie avec lui. Mais je ne dis rien, je reste vague, polie, distante, pendant que ma colère hurle dans ma tête. Il va retourner vivre quelques mois chez ses parents. Sa mère est contente. C'est pathétique.
Une amie commune m'a expliqué ce qu'il avait fait en Allemagne, m'a parlé de sa nouvelle copine allemande. Blonde, 21 ans. Je lui souhaite bien du courage. Il a même rencontré ses parents en Allemagne, qui l'ont trouvé charmant. J'ai la haine.
En attendant (Dieu sait quoi) j'ai pris mes billets, je pars trois semaines en France avec Petitange fin mai. Paris, la Bretagne, et un petit séjour en Espagne. J'ai besoin de prendre l'air. Surtout l'air français, pour savoir si je veux vraiment rentrer vivre en France. Cela fait dix ans que je suis au Chili, je ne connais plus rien à la France.
mercredi 9 avril 2014
Mr Psy - Première
Le petit salon a un vague air des années 70, fauteuils en bois, plantes vertes, petit bouddha et fleurs fraîches dans un vase. A ses pieds il y a une tasse de café et un rouleau de sopalin. Je pense à Reine... Je préfèrerais le café, mais je sais déjà que le sopalin est pour moi, et le café pour lui.
Premières questions de routine, comme chez le médecin.
Puis il me demande pourquoi je suis là.
Je prend une longue inspiration mais ma voix sort cassée, elle sort de ses rails. Les larmes montent rapidement, le sopalin arrive sur mes genoux. J'ai tenu cinq minutes sans pleurer.
A travers ses questions je commence à raconter ma vie, à l'envers. Je pars de ma séparation avec Negrito, continue avec ma relation avec le Prince pas Charmant. Retourne en France, il y a dix ans. Retourne en Angleterre, il y a quinze ans. Ma relation avec mon premier copain, mon boyfriend. Et d'un coup, comme si c'était naturel, je passe à l'anglais. Nous continuons la conversation en anglais. Ca le fait sourire, mais je sens qu'il est plus à l'aise, et moi aussi. Ma vie est un long fleuve pas tranquille.
Nous voici rendus à mes parents. Citez-moi trois qualités et trois défauts pour chacun d'entre eux.
Finalement, il me demande de lui citer trois défauts et trois qualités me concernant. Je cherche... Je lui dirais bien que je suis conne, comme la chanson de Brigitte Fontaine. Je cherche en regardant de travers le petit buddha qui reste silencieux. Je finis par trouver, je ne suis pas très convaincue que les réponses me correspondent. Se connaître soi même me semble monstrueusement difficile.
Il m'explique qu'il accepte comme patiente. Pour ma séparation avec Negrito, le problème peut être réglé en quelques mois. Pour le problème de fond, on verra ensuite, mais ce serait plus long. Et je pourrai décider si je veux m'y lancer ou non. Mais je dis oui tout de suite. Oui, je veux connaître mes côtés les plus obscurs...
mercredi 2 avril 2014
Terremoto
Pour ceux qui s'inquièteraient, tout va bien pour moi et Petitange. Le séisme d'hier a eu lieu a 1000km d'ici et nous n'avons rien senti. La moitié de la ville a eu droit à une évacuation pour alerte au tsunami. Heureusement nous habitons en haut de la ville, et nous avons hébergé des amis pour la nuit.
vendredi 28 mars 2014
I feel blue
J'ai eu tellement de peine l'autre jour que j'ai oublié d'aller chercher mon fils (appelons-le Petitange) et sa cousine à l'école. Je suis arrivée à l'école avec 25 minutes de retard, paniquée, les yeux rouges, la gueule en vrac. J'ai tout simplement oublié d'aller les chercher. La cousine qui a six ans souriait, mais Petitange commençait à être inquiet. Puis tout le monde est devenu inquiet. La mère de la cousine, le frère de Negrito, mon ex belle mère. Et Negrito. Alors il m'a appelée. Une heure et demie au téléphone. Une heure de demie de larmes et de peine. Mon coeur s'est ouvert, j'ai tout lâché. Negrito, de plus en plus inquiet, m'a invitée a manger le soir, en tête à tête.
J'ai laissé Petitange chez moi avec une bonne copine pour partir dans ce restaurant face à la plage. Lumière néon froide et blanche, trois personnes dans une grande salle lugubre décorée de filets de pêche et d'étoiles de mer sèches, puis Negrito. Il me parle de son travail, de ses amis, du temps qu'il fait. Je l'écoute à peine, j'avale péniblement la moitié de mon assiette. L'adition arrive, je le regarde payer. Je lui demande de me répondre à mes questions, c'est pour ça que je suis venue. Nous sortons du restaurant.
- Je te l'ai déjà dit. Je ne suis plus amoureux de toi, je veux vivre autre chose. La vie que je veux avoir ne te conviendrait pas. Si tu veux partir, même en France, je te laisserai partir avec Petitange. Si tu veux rester ici, c'est moi qui partirait. A Panama, ou au Costa Rica. Ou en Espagne.
J'attrape sa main, puis je pleure un peu dans ses bras. Il me reconduit à ma voiture.
- Negrito, tu ne reviendras pas avec moi, n'est-ce pas ?
- Non
Je lâche sa main, essuie un larme. Il m'embrasse sur la joue. Je tourne les talons et marche jusqu'à ma voiture sans répondre à son au revoir. Je démarre rapidement et remonte chez moi. C'est fini, il n'y a que moi pour ne pas le voir. C'est fini et c'est mieux pour moi, comme tout le monde me le répète. Negrito sort, boit, fait la fète, joue trop d'argent au casino et Dieu sait où. Negrito m'a mené une vie d'enfer.
Je me gare devant cette maison qui a été la notre, qui est maintenant la mienne. Je caresse notre chien, qui est maintenant le mien. Je discute avec ma copine pendant une heure, elle a toujours été mon amie. Elle me persuade de voir un psy et me fait promettre de l'appeler demain. Puis je vais faire un bisou a Petitange qui dort. C'est mon fils, mais c'est aussi le sien.
J'ai laissé Petitange chez moi avec une bonne copine pour partir dans ce restaurant face à la plage. Lumière néon froide et blanche, trois personnes dans une grande salle lugubre décorée de filets de pêche et d'étoiles de mer sèches, puis Negrito. Il me parle de son travail, de ses amis, du temps qu'il fait. Je l'écoute à peine, j'avale péniblement la moitié de mon assiette. L'adition arrive, je le regarde payer. Je lui demande de me répondre à mes questions, c'est pour ça que je suis venue. Nous sortons du restaurant.
- Je te l'ai déjà dit. Je ne suis plus amoureux de toi, je veux vivre autre chose. La vie que je veux avoir ne te conviendrait pas. Si tu veux partir, même en France, je te laisserai partir avec Petitange. Si tu veux rester ici, c'est moi qui partirait. A Panama, ou au Costa Rica. Ou en Espagne.
J'attrape sa main, puis je pleure un peu dans ses bras. Il me reconduit à ma voiture.
- Negrito, tu ne reviendras pas avec moi, n'est-ce pas ?
- Non
Je lâche sa main, essuie un larme. Il m'embrasse sur la joue. Je tourne les talons et marche jusqu'à ma voiture sans répondre à son au revoir. Je démarre rapidement et remonte chez moi. C'est fini, il n'y a que moi pour ne pas le voir. C'est fini et c'est mieux pour moi, comme tout le monde me le répète. Negrito sort, boit, fait la fète, joue trop d'argent au casino et Dieu sait où. Negrito m'a mené une vie d'enfer.
Je me gare devant cette maison qui a été la notre, qui est maintenant la mienne. Je caresse notre chien, qui est maintenant le mien. Je discute avec ma copine pendant une heure, elle a toujours été mon amie. Elle me persuade de voir un psy et me fait promettre de l'appeler demain. Puis je vais faire un bisou a Petitange qui dort. C'est mon fils, mais c'est aussi le sien.
lundi 17 mars 2014
Coupée
Je me sens coupée en deux. Comme si je n'avais plus de jambes, ou plus de tête.
Je continue de travailler, de m'occuper de mon fils, de voir mes amis. Je sourie.
Devant ceux qui me connaissent, je ne fais pas trop illusion. Mais les autres n'y voient rien.
En fin de semaine Negrito va rentrer de 3 semaines de vacances. Je n'ai aucune envie de le voir.
Il va bien falloir que j'aille lui déposer mon fils (tiens faut que je lui trouve un petit nom pour ici d'ailleurs).
Pas envie de l'entendre raconter ses super vacances, je lui ai déjà dit de ne pas me rammener de cadeau.
Pas envie qu'il me voit avec ma sale tête tristoune que je n'arrive pas à cacher.
Pas envie de faire semblant.
Pas envie d'avoir d'explications.
Je ne pourrais pas parler sans pleurer.
J'ai juste envie de partir... loin...
Je crois qu'il va bien falloir que j'aille voir le psy qu'on m'a recommandé...
Je continue de travailler, de m'occuper de mon fils, de voir mes amis. Je sourie.
Devant ceux qui me connaissent, je ne fais pas trop illusion. Mais les autres n'y voient rien.
En fin de semaine Negrito va rentrer de 3 semaines de vacances. Je n'ai aucune envie de le voir.
Il va bien falloir que j'aille lui déposer mon fils (tiens faut que je lui trouve un petit nom pour ici d'ailleurs).
Pas envie de l'entendre raconter ses super vacances, je lui ai déjà dit de ne pas me rammener de cadeau.
Pas envie qu'il me voit avec ma sale tête tristoune que je n'arrive pas à cacher.
Pas envie de faire semblant.
Pas envie d'avoir d'explications.
Je ne pourrais pas parler sans pleurer.
J'ai juste envie de partir... loin...
Je crois qu'il va bien falloir que j'aille voir le psy qu'on m'a recommandé...
mercredi 5 mars 2014
Moderne
J’en ai marre de voir son nom s’afficher sur mon téléphone à chaque
fois qu’il me demande des nouvelles de son fils. J’ai envie de lui dire
que je vais bien, merci. Que notre fils va bien parce que je m’en occupe
bien. Que son père lui manque mais qu’il n’en parle pas. Ou lui
demander si c’est lui qui se lève la nuit quand notre fils fait des
cauchemards, ou qu’il a envie de faire pipi. Que ce n’est pas facile
d’être maman toute seule, pendant qu’il fait le zouave.
Alors j’ai changé son nom dans le répertoire de mon portable. A chaque fois qu’il m’envoie un message ou qu’il appelle, mon téléphone affiche “connard”. Ca ne sert à rien mais ça me fait plaisir.
Alors j’ai changé son nom dans le répertoire de mon portable. A chaque fois qu’il m’envoie un message ou qu’il appelle, mon téléphone affiche “connard”. Ca ne sert à rien mais ça me fait plaisir.
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